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jeudi 1 mars 2018

idées courtes # 27



Aucune décantation de la pensée dans la critique immédiate, dans la réaction à chaud, le commentaire impulsif. Je préfère monter (ou descendre) les escaliers. La santé avant tout.

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On peut apprendre à peindre, mais on ne peut apprendre la peinture. 

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Mon ancienne devise : travailler, pas produire (A)
Ma nouvelle : tant bien que mal (B)
Ma prochaine : B + A

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Cette année, le jour de Pâques est inscrit au calendrier à la date du 1eravril. Je savais bien que tout ça n’était qu’une vaste blague.

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Suis-je un peintre ou un peignant ?

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— Allons ! Sois spontané !
— D’accord, je vais y réfléchir

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J’ai été reçu deuxième à un concours de circonstances. Un échec personnel.

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Qu’est-ce qui détermine que l’on fera une peinture avec l’huile, l’acrylique, la gouache ou autre chose ? Voilà en tous cas une question que les aquarellistes ne se poseront jamais.

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Si j’avais vu.

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Nombre de peintres trient leurs toiles sur le volé.

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Peintre ouvrier, mais pas encarté.

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Depuis trois jours sur la même toile, et tout reste à faire.

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Je n’aime pas que l’on me parle des peintres que je n’aime pas.

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Le peintre ayant perdu son chemin n’ira pas pour autant prier Saint Antoine ou Sainte Rita. On a sa fierté, dans le métier.

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Lorsque l’on se trouve devant une œuvre, ne devrait-on pas y percevoir, parmi ses mystères, une sorte d’inquiétude ?

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Plus que le paysage défilant, l’intéressant des voyages en train est dans la multitude des reflets à l’intérieur du wagon : vitres (jour et nuit), dessous des porte-bagages en perspective au-dessus des sièges, écrans des ordinateurs ou des téléphones, etc. Et ce qui s’y passe.

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C'est dans l'état éveillé que mes idées viennent. Jamais peint d’après un rêve.
Aimerais encore moins dormir.

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Mangerbougerpenser.fr

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Je ne m’adonne pas à la peinture, je me donne à elle.

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Plusieurs artistes passés avant moi par ce monde semblent bien m’avoir emprunté quelques idées.

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Il y a par chez moi certains peintres figuratifs dont j’aimerais que l’on fasse abstraction. D’un autre côté, dans le paysage artistique, quelques peintres abstraits font bien pâle figure.

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Une goutte d’encre de Chine sur la neige.

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dimanche 19 novembre 2017

idées courtes #24



Dessiner, peindre ? Tout remettre à plat.

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Pour la sécurité routière, une journée classée noire ne laisse rien présager de bon. A l’atelier, mes journées noires sont celles de l’encre et semblent  toujours prometteuses. Ce qui ne les empêche pas d’être les plus dangereuses, elles aussi.

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Cent fois l’ombrage sur le métier.

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Je dois m’arranger désormais avec ce paradoxe : être à la fois agueusique et homme de goût.

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Pratiquer l’art de peindre pour ne rien dire.

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La violence monte partout, jusqu’au langage courant. Pour preuve l’emploi immodéré de l’expression « du coup ».

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Certaines choses nous parlent, d’autres nous hurlent. 

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Peindre sans doute pour donner une forme au présent.

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Exposer l’art-thérapie, n’est-ce pas violer le secret médical ?

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Derrida ne m’a jamais arraché le moindre sourire.

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Le peintre, petit producteur, subit des pressions pour fixer son prix en le tirant à la baisse : trop élevé selon les critères du galeriste, ce qui rendrait la toile  plus difficile à vendre. Calculons rapidement que pour une toile vendue 2000 euros, par exemple, l’artiste en retirera, au bout des comptes (prélèvement des commissions, charges sociales, impôts, matériaux, transport, fonctionnement de l’atelier — oui, les artistes, s’ils le peuvent, se chauffent, s’éclairent, se lavent les mains et les pinceaux, etc.) au maximum 700. Le galeriste insiste : 2000 euros, c’est trop, le prix ne passe pas auprès des clients, affirme-t-il. Il faudrait baisser à 1500, ce qui rapporterait  au mieux 500 à l’artiste. Certains vont accepter par nécessité, ayant besoin au moins de rentrer dans leur frais réels (mais où est passé le travail dans tout cela ?), d’autres non (plus prétentieux ? plus exigeants ? moins soumis ?), refusant de réduire leur tâche à peau de chagrin.

Conclusion vicieuse : pour vendre dignement, il faut avoir les moyens.

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Le comble de la vanité : prêcher un convaincu dans le désert.

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Acheter des tableaux pour teinter sa vie ou pour blanchir de l’argent crasseux ?

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Il était sûr d’obtenir un bon dessin sans avoir à souffrir d’un effort. Voyant son dessin mauvais, il souffrit. 

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lundi 9 octobre 2017

Tête baissée



Le premier mouvement d’une peinture, le premier jet, c’est celui qui permet, lorsqu’une idée germe, qu’une vision survient, d’en concrétiser le plus vite possible l’image pour qu’elle ne disparaisse pas dans les vapeurs de l’oubli. Il y a une urgence, peu importent outils et supports, ils feront l’affaire pourvu que l’on prenne note. Est-on spontané, à ce moment précis du premier jet ? Pas totalement puisque ce mouvement dépend d'une intention, en l’espèce l’idée entrevue, va guider la main pour en tracer un schéma, une esquisse, les premières masses, la première direction. Mais le geste pressé, impatient, qui veut saisir l’immédiat, lui sera spontané dans le sens où il ne s’embarrassera pas d’une analyse, d’une quelconque réflexion. Il sera toutefois tributaire de ses possibilités, et donc de l’expérience de la main, de sa formation. Pour traduire, à tout prix, quoi qu’il arrive, une main habituée répondra mieux. Dans tous les cas, main expérimentée ou non, il en sortira une écriture particulière à ce moment fiévreux, intense, écriture qui jamais ne se retrouvera dans un travail plus élaboré, dans une reprise.  Il y aura dans cette écriture, dans cette touche, une trace, une agitation, une sorte de folie ou de hargne, une tension qui ne cherche pas particulièrement à bâtir, mais juste à jeter, à lâcher, à déverser l’idée brute. C’est sans doute cette écriture originale que certains qualifient de spontanée et considèrent comme étant d’une qualité supérieure.

Je me souviens d’une soirée organisée à l’occasion d’une exposition, pendant laquelle l’artiste expliquait et faisait démonstration de sa pratique. Dans son discours de présentation, il insistait beaucoup sur la spontanéité, sur  l’ « incontrôle » de lui-même, misant sur l’accident, le hasard. En action, il jetait la peinture sur sa toile posée au sol, sans réfléchir, par des gestes qu’il qualifiait de spontanés, puis ajoutait d’autres masses, d’autres taches, et avançait ainsi. Il redisait, comme un credo, qu’il voulait à tout prix ne pas perdre sa spontanéité, au risque de perdre sa peinture. La spontanéité comme procédé…
Après un moment pourtant, je le vois se redresser, laisser tomber les bras le long de son corps, regarder (toiser) sa toile couchée, tourner autour d’elle sans la quitter des yeux, puis prendre une couleur (la choisir) et l‘appliquer à un endroit précis. J’étais rassuré, la réflexion était revenue.

Cette question du spontané dans la peinture a été pour moi l’objet de nombreuses discussions, plusieurs interlocuteurs pratiquant dessin ou peinture  avançant que réfléchir, donc aller à l’encontre du spontané, les empêcherait, dénaturerait leur travail, en diminuerait la qualité, qu’il perdrait en fraîcheur, etc. Tout cela est sans doute vrai, mais la spontanéité réelle ne découle-t-elle pas d’une expérience épaissie au fil du temps et du travail, donc d’un acte réfléchi, étudié, analysé ?  Je parle ici de la spontanéité de l’adulte, car celle de l’enfant, très touchante, ne souffre pas la comparaison. « J'ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant » (Picasso). Car il faut bien s’affranchir des techniques, des supports, des outils, des gestes, les avoir longuement éprouvés, dans un immense et lourd temps de travail, pour s’en débarrasser, s’alléger. La spontanéité initiale et revendiquée selon moi est un leurre, peut-être une paresse, un évitement de la somme de pratique nécessaire pour que l’exécution soit naturelle, inhérente.
Le trait d’encre assuré, sans retour, sans repentir, sans reprise, de ces artistes orientaux qu’on admire tant, ce trait est-il spontané ?
Si la peinture est langage, alors elle demande une structure, un vocabulaire, une syntaxe, une forme qui nous permettront de dire ce que l’on doit dire tel que l’on veut le dire, quel que soit son interlocuteur, que l’on se parle à soi-même, comme c’est souvent le cas en art, ou que l’on s’adresse aux autres ; rien de moins spontané que l’apprentissage du langage. A l’instar de l’improvisation pour les musiciens, la spontanéité s’apprend, plus exactement s’atteint. À moins que l’on cherche à n’employer que l’inné, à se passer volontairement d’un acquis, d’une expérience, d’un parcours. Mais cela nécessite œillères et bouchons d’oreilles à toute épreuve, frise me semble-t-il la complaisance voire l’idéologie, et ne produira que balbutiements et stagnation. La peinture ne tombe pas du ciel, disait Zao Wou Ki. Les militants de la spontanéité comptent trop sur le miracle assuré.
Bien sûr, il nous faut l’accident pour faire l’œuvre (rien n’empêche d’ailleurs de le provoquer) à condition que celui-ci, plutôt que de faire des dégâts, soit récupéré par l’artiste à son avantage, retravaillé, inséré, intégré à l’œuvre, pour qu’il passe de l’état d’évènement dramatique à celui d’évènement artistique.
Et je passerai sur l’injonction imbécile en plus d’être paradoxale et devenue lieu commun : sois spontané…

J’ai d’abord écrit ce texte spontanément en y jetant les idées en vrac, demandant à la main d’écrire aussi vite que la pensée et ses revirements, passant sans retenue du coq à l’âne. J’ai obtenu un magma sans la queue de l’âne, ni la tête du coq, avec coquilles, biffures, non-sens, contresens, tournures et orthographe douteuses. Il m’a fallu alors réorganiser la matière des mots pour en faire un article plus cohérent, mieux au service du propos. S’il ne l’est pas, je le reprendrai encore.

La spontanéité peut mettre la peinture en danger, car elle laisse le champ libre au geste inconsciemment et instinctivement itératif, dont on devrait chercher plutôt à se dégager afin de renouveler en permanence la composition et lui apporter ainsi variation, richesse et dynamisme. L’écriture n’aime pas la répétition si elle est exacte duplication. Il en va de même pour la peinture où l’on veille à éviter la redite parfaite pour préférer la variante, la nuance, l’évolution d’un même trait, d’une même couleur, d’une même touche, etc. Spontanément (instinctivement), nous répétons ce qui fonctionne, ce qui plaît, ce qui va. La main suit, c’est confortable, facile. Pourtant aussitôt, puisque c’est répété, cela ne va plus. Et c’est au prix d’un recommencement autrement, grâce à une veille, un recul et une réflexion que nous éviterons ce piège de la copie conforme, de l’habitude, du décalque.

Une exécution spontanée apporte à l'image une qualité incontestable, une manière de franchise, d’expression initiale, sans intermédiaire entre l’idée et la main. C’est joindre le geste à la pensée, aussitôt. Le circuit court. C’est appréciable, bien sûr, à bien des égards, mais l’est aussi le résultat de la reprise de ce premier jet, reprise qui emportera l’image au-delà de l’idée première, vers une remise en cause, une avancée, un approfondissement. Il se peut, il est sûr, même, que le travail de reprise fera retomber cette tension du premier jet, mais il apportera peut-être (il faut l’espérer), un développement de cette image, un dépassement de l’idée source, qui générera possiblement une autre idée, qui provoquera un nouveau premier jet, et ainsi de suite. À ce titre, il me semble qu’une peinture peut difficilement se passer de ces passages successifs du spontané au réfléchi, du libre au laborieux, de l’insouciant à l’impliqué, ces passages ne se présentant pas dans un ordre établi et linéaire, mais dans un chaos absolu dont le peintre doit se dégager — c’est son travail — pour qu’une œuvre s’en détache et aille vivre sa vie.

lundi 13 mars 2017

Idées courtes #21





Autrement dit, c'est en peignant que l'on devient apprenti.




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A chacun son objectivité.




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Très tôt dans ma carrière, j'ai reçu le titre honorifique de peintre désarmé. Mais aujourd'hui encore, cela n'est pas officiel.




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L'île, mon autre atelier.




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Les liaisons malheureuses cent-z-euros et vingt-z-euros fusent partout depuis l'apparition de notre nouvelle monnaie. Grande surprise l'été dernier, au marché, d'entendre annoncer le kilo de tomates-cerises à cinq-z-euros. Le prix de la langue est en baisse.




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Pratiquer un art, goûter un art, c'est se consoler du monde.




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L'importance d'un évènement se mesure au pouvoir qu'il a de poser désormais le présent, jusqu'alors chargé d'avenir, en équilibre vacillant sur le passé.




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Dans la peinture, le contour, ce que j'appelle le bord (de la forme, de la couleur, etc.), marque peut-être l'incertitude (une certaine incertitude). Et c'est pourquoi la matière vit.




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Que ceux qui ont du temps à perdre ne gaspillent pas celui qu'il me reste. Sinon, que pourrais-je offrir à ceux qui en manquent ?




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Les hantises n'ont pas l'exclusivité sur la nuit.




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Dans l'annuaire du téléphone, tous les hommes sont égaux. Enfin, ceux qui ont le téléphone.




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Bien dans l'air du temps, je travaille en résidence.

Dans mon atelier.                   

In situ.

Extrêmement sensible aux enjeux contemporains, je construis des dispositifs fort élaborés nourris de signifiants transgressifs, questionnant indirectement la place du manuel dans la pensée du monde : des  tasseaux de bois de pin de 20 x 45 mm assemblés pour former des rectangles sur lesquels je viens pointer une étoffe de lin enduite. En y appliquant des pâtes colorées, en convoquant sur le plan des éléments formels et chromatiques, puis en verticalisant l'ensemble, je propose in fine au regardeur une expérience sensorielle (sonore et visuelle) unique : interroger en silence mon univers plastique.



J'attends une réponse favorable à ma demande de subvention.  




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Qui se dévouera pour composer un hymne aux rabat-joie ?




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Pour Geneviève Asse la peinture c'est trois pas en avant, deux en arrière. J'en suis, pour ma part, à deux en avant et trois en arrière. Ou l'art de prendre du recul.




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Les meilleurs peintres sont les plus grands menteurs.




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L'état labile de la peinture qui se fait est un gage de mouvement et d'évolution. L'enjeu consiste à savoir en profiter.




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Je n'aime pas le théâtre exigeant, on y tousse trop.




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L'atelier, mon autre île.




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Il suffit qu'un footballeur meure pour que tous les matches du lendemain soient précédés d'une minute de silence en son hommage, évènement relayé par toutes les radios et télévisions. Dans la seconde d'après, tout est oublié, on retourne à la grande foire. Sait-on que les peintres, dans le clos de leurs ateliers, rendent parfois jusqu'à 540 hommages par jour à leurs maîtres disparus sans que personne n'en soit jamais informé ? Ce calcul est basé sur une journée de travail moyenne d'environ 9 heures et ne prend pas en compte les artistes insomniaques.

Et cette mémoire ne s'éteint jamais, ainsi que leur silence.




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L'anonymat des "sans-titre"



  
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« Ordinaire ou suivi ? » me demande la bien peu avenante guichetière du petit bureau de poste en posant sur la balance l'enveloppe contenant mon tapuscrit des Idées courtes, adressé à un éditeur dont j'ose espérer un retour favorable. Ma réponse la renfrogne un peu plus (« ordinaire, s'il vous plaît ») et lui fait aboyer : « il y a des valeurs, dedans ? »

Ne voulant pas paraître inconstant, j'ai répondu par la négative.




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